En scène, Michel Potage

 

Peintre matiériste, Miche Potage a abordé aussi la scène, l’installation et le Rock… Nous présenterons des huiles sur toile ou papier de la période 2010-2015

EXPOSITION DU 9 NOVEMBRE AU 6 DÉCEMBRE 2016

Michel Potage
Michel Potage - Arbre en Scène - 2011

 

 

Du plafond, un maigre fil pend. Au bout, une ampoule. Non pas une lumière avec ses rayons qui embraseraient alentour! Non, une simple ampoule, dépouillée, disposée dans l’aire de la toile, en place centrale, pendante au bout de son fil. Elle n’éclaire pas. Ce n’est pas sa fonction. C’est plutôt sa situation qui entame l’œil. Et sa matière, si lumineuse, comme en exergue.
Parfois, autour, pratiquement en une sorte d’aplat, des rideaux s’écartent, verticaux, dévoilant le seul horizon qu’est le fond. D’autres fois, ce sont des murs qui encadrent le centre. Sans perspective, une sorte d’arrière plan, au plus, épuré. Nous ne sommes pas dans la peinture qui souligne le réalisme hyper figurant, ni même dans celle qui donne « l’impression » d’y être, dans cette pièce de théâtre. Car c’est une scène à laquelle nous invite Michel Potage, avec une représentation, mise pour nous. L’ampoule en question s’en porte encore mieux: encore plus centrale, elle est le sujet.

Même sort pour les arbres que Michel Potage affectionne tant. Un par un, d’une peinture à l’autre, chaque arbre vit en son état, solitaire, majestueux, dressé comme sacré sur un autel.
Là pourtant, au coin, on distingue une clef de châssis, puis une autre à cet autre coin, indiquant ainsi le cadre du tableau. L’autel est renversé.
On se met à penser que l’arbre est en fait vu de derrière, qu’il pause dans la perspective inverse et que Michel Potage serait celui qui est de l’autre côté du cadre.
En scène, issus de la nature ou du théâtre ou de l’atelier, les objets comme les arbres sont dans la situation d’être ce qu’ils sont. En plein, sans détour. Comme une gourmandise sans crème en rajout, sans masque.
Avec eux, Michel Potage se montre comme cela, nu. Tel qu’en lui-même, discret. Dans la réalité de ce qu’il voit, caché derrière la toile.